ÉCONOMIE 101

 

Article paru dans l'Acropole,

Avril 2001

 

À entendre les économistes d'aujourd'hui faire leurs commentaires sur l'état de l'économie internationale, il semble qu’à leurs yeux, la santé de l'économie se limite à savoir si la valeur des actions en bourse est à la hausse ou à la baisse. Mais il y a une question beaucoup plus fondamentale. Est-ce que le revenu de 10 000 $ d'une prostituée a la même valeur que le revenu de 10 000 $ d'un agriculteur ? L'impact sur le bien être commun est-il le même? Est-ce que la construction d'un méga casino à Québec aurait le même impact économique que la construction d'un tunnel reliant Québec à Lévis ?

 

La science de l'économie est l'étude des lois physiques qui permettent à la société d'assurer sa prospérité continue. La base d'une économie saine n'est pas directement reliée aux activités quotidiennes de la bourse car pour «assurer la prospérité continue», nos gouvernement doivent avoir une vision à long terme, et s'assurer que les nécessités de la vie (nourriture, habitation, transport, éducation ... en fait, tout ce qui permet à un être humain de s'épanouir), soient offertes au plus grand nombre possible de citoyens, en quantité et en qualité toujours croissantes. Quand le Président Roosevelt a sorti les États-Unis de la Grande Dépression de 1929, il l'a fait sans l'aide des marchés boursiers. Ici au Québec, quand Daniel Johnson (père) a donné le feu vert pour la construction du barrage de la MANIC-5 en 1958, la question première n'était pas de savoir quel serait la valeur boursière des actions d'Hydro-Québec à New York, mais bien comment peut-on mobiliser tous les secteurs économiques, par un projet hautement productif, repoussant les limites de la science, tout en enflammant l'imagination et la fierté des Québécois ! On est bien loin d'un Jean Chrétien ou d'un Bernard Landry ... Donc la question à se poser aujourd'hui devrait être : Par quelles mesures peut-on accroître la «richesse» de notre pays ? Le «libre-échange» c'est un outil, pas une fin en soit. Un bat de baseball a son utilité, mais dans les main d’un Hells Angels, il en a une toute autre... La vrai question à se poser est la suivante : Qu'est-ce que la richesse d'un pays ? Est-elle dans le sol ou plutôt la qualité de la matière grise de ses citoyens ? Est-ce la valeur des actions de nos «sociétés à numéro» ou plutôt la différence entre la façon dont un homme des cavernes regardait une roche d'uranium et la façon dont Einstein la concevait ? Je répète : la différence entre la façon dont un homme des cavernes regardait une roche d'uranium et la façon dont Einstein la regardait ? Voilà l'origine de la prospérité économique ! Ce qui n'était qu'une pierre servant peut-être à casser des noix devient, aux yeux d'Einstein, une source d'énergie abondante !

 

La richesse d'un pays est basée sur l'application, par ses citoyens, des connaissances des lois de la physique, afin d'augmenter son potentiel relatif de densité de population. C'est-à-dire de toujours pouvoir soutenir une population croissante, dans des conditions de vie toujours meilleures, en augmentant la capacité de ses citoyens à pourvoir au développement des nécessités de la vie pour tous. Investissons donc dans nos citoyens, c'est la clef du progrès de notre société. Favorisons l'investissement dans la production des biens nécessaires au maintien et à l'augmentation de la qualité de vie. L'être humain a développé la technologie nécessaire pour faire marcher un homme sur la lune, il y a de ça plus de trente ans. Mais à cause du manque de vision des politiciens d'aujourd'hui, on impose des quotas de production à nos agriculteurs pendant que des milliards d'êtres humains n'ont rien à manger, et personne ne fait rien. Est-ce normal? Non, voilà le problème. Nous nous devons d'agir. Le rôle d'un gouvernement n'est pas celui d'une girouette, mais bien d'une boussole! Voilà l'orientation fondamentale que devraient prendre nos gouvernements à l’avenir.

 

Raynald R.